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Blog de la Mission Sismaoré

  • Un parcours, un métier : Adrien - Matelot

    Bonjour Adrien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

    Bonjour, moi c’est Adrien MORAIS, je suis matelot sur le Pourquoi pas ?. Je suis chez Génavir depuis 2016, j’ai eu l’occasion d’être sur différents navires océanographiques : l’Antea, le Thalassa, et le Pourquoi pas ?


    En quoi consiste le métier de matelot ?

    Le métier de matelot c’est de l’entretien et des manipulations : les manœuvres. On distingue les matelots de quarts qui n’ont pas du tout les mêmes horaires que les matelots de roulante qui sont à la journée. Le matelot de quart va faire la veille en passerelle avec l’officier de quart et pourra également avoir dans la journée de l’entretien et des manœuvres selon ce qu’il y a à faire sur le pont.
    Tandis que le matelot de roulante fera uniquement de l’entretien et des manœuvres ; par exemple soit des mises à l’eau, des mises à bord et les manœuvres de port.


    Quelle formation faut-il suivre pour devenir matelot ?

    Il y a plusieurs possibilités, la plus simple étant de rentrer dans un lycée professionnel maritime, qui permet d’obtenir un bac pro CGEM [1], ou encore le brevet de « capitaine 200 UMS [2] » ou le brevet de « capitaine 500 UMS » qui peut amener à patronner des bateaux. Moi je n’ai pas fait ça, j’ai fait une formation continue de six mois pour obtenir le brevet de capitaine 200 pêche. Il y a plusieurs spécificités : le 200 pêche, le 200 voile, le 200 commerce.
    Une fois le brevet obtenu, il est possible de devenir matelot, pour valider des temps de mer et après éventuellement de patronner des bateaux de 200 UMS.


    Quel a été ton parcours ?

    Je viens des Yvelines et je me suis installé à Brest en 2008 pour faire des études qui n’ont pas marchées et, de fil en aiguille, j’ai fait pas mal de petits boulots, jusqu’à me rapprocher du milieu maritime. C’est une association, l’AJD à l’Aber Wrac’h, qui m’a permis de mettre un premier pied dans les métiers de la mer, de découvrir aussi bien le bois, la mécanique et la navigation sur des vieux gréements. L’AJD [3], c’est une association qui a été créée par le père Jaouen, pour faire naviguer des jeunes délinquant initialement, puis ce s’est complètement démocratisé, c’est ouvert à tous. C’est une bonne approche des métiers de la mer.
    C’est en 2015 que j’ai commencé à naviguer sur les vieux gréements comme le Bel Espoir,
    le Rara Avis, le Pop off ou encore le Biche.
    Puis, en début 2016, j’ai fait les ferrys dans la manche. J’ai aussi fait la ligne d’Espagne, on faisait Plymouth, Cork, Santander. L’esprit ferry était complètement différent, on faisait une semaine en mer, une semaine à terre. C’était pas du tout la même gestion du temps, du rythme, ce n’était pas non plus les mêmes relations à bord.
    Après les ferrys, je suis arrivé à Génavir en fin 2016. Mon premier embarquement c’était sur l’Antea, puis la Thalassa et maintenant le Pourquoi pas ?
    C’est ça qui est appréciable dans cette entreprise, on tourne sur plusieurs bateaux ; sur un même bateau on peut faire des missions complètement différentes et il n’y a pas que des marins à bord, c’est super intéressant au niveau des échanges, donc c’est très enrichissant.


    Quelles compétences faut-il avoir pour exercer ce métier ?

    Tout d’abord il faut aimer la mer ! Ce qui est important également c’est le rôle social que cela peut avoir à côté de l’aspect professionnel. Car on peut être passionné par ce métier et avoir du mal avec l’éloignement et avec le fait du vivre ensemble.
    Le « savoir vivre ensemble » est très important, faire en sorte que tout se passe bien, tout le monde est sur le même bateau !


    Est-ce que l’éloignement peut-il poser problème dans la vie de couple ?

    Dans mon exemple, ma copine est intermittente du spectacle, j’ai de la chance car elle arrive toujours à trouver des tournages pendant que je ne suis pas là, donc c’est assez facile. Mais il est vrai que le sujet de l’éloignement est un sujet délicat dans la marine car cela dépend du caractère, de la personne. Moi, le bon côté que j’aime bien là-dedans, c’est qu’on a beaucoup de temps à terre d’affilé. Pour trente jours de mer on a trente jours de terre. C’est-à-dire que pendant six mois de l’année on peut vraiment profiter du temps avec nos proches. Nos périodes de travail sont assez condensées et du coup nos congés également.
    Souvent les femmes de marins sont les femmes les plus fortes ! Dans le sens où quand tu es là, tu es là à plein temps et tu parts d’un coup. Donc, je pense, c’est aussi un bel effort de l’autre côté de pouvoir gérer tout ça. Ce sont des côtés qu’on voit un peu moins mais qu’on ressent beaucoup. C’est une drôle de disposition, de rythme ; mais moi j’adore ce rythme, je ne pourrai pas re-bosser à terre.



    Description

    Un matelot s’occupe de l’entretien et des manœuvres à bord d’un navire.
    Le rythme de travail peut être sous forme de quart ou de roulante.
    Il travaille aussi bien la journée que la nuit quand il est en mer.
    Les journées sont de 10 heures de travail 7jours sur 7 en mer.
    Il faut aimer la mer et l’aspect social qui va avec la vie de marin.

    Formation

    Après le Brevet, il faut s’orienter vers un lycée professionnel maritime, pour obtenir un bac pro CGEM, un brevet Capitaine 200 ou Capitaine 500.
    Il est également possible d’obtenir le brevet de Capitaine 200 en formation continue.





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    [1Conduite et gestion des entreprises maritimes

    [2Le brevet de Capitaine 200 UMS permet d’embarquer en qualité de Capitaine sur tous types de navires de moins de 200 UMS armés au commerce ou à la plaisance professionnelle.
    UMS : Le tonnage résulte d’un calcul complexe, qui estime le volume intérieur. Le tonnage est exprimé en tonneaux (le tonneau est équivalent à 2,83 m3) pour les petits bateaux et en unités UMS (de l’anglais Universal Measurement System) pour les navires de longueur supérieure à 24 mètres effectuant des voyages internationaux. 200 UMS est équivalent à 100 tonneaux.

    [3AJD : Aumônerie de la Jeunesse Délinquante

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    Auteur : Paul Deparis
    publié le dimanche 31 janvier 2021
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